Un salon de poker converti en Casino : élargissement de l’offre de jeu en Montérégie

Malgré une forte opposition des citoyens de la réserve de Kahnawake lors de trois référendums (1993-2003-2012), un casino a ouvert ses portes le 12 décembre dernier, augmentant l’offre de jeu du très populaire Club de Poker Playground, en opération depuis 2010.

Situé dans la réserve Mohwak, sur la route 132, à 30 min du centre-ville de Montréal, la salle de poker qui détient 75 tables de jeu a agrandit ses locaux pour y ajouter 332 appareils électroniques de jeu (AEJ). C’est autant qu’au Salon de jeux de Québec et 135 appareils de plus qu’au Salon de jeux de Trois-Rivières.

Bien qu’aucune de ces activités ne soit légale au regard du Code criminel, qui stipule que seuls les gouvernements peuvent offrir et gérer les JHA, cet établissement a pignon sur rue et est  fréquenté par plusieurs personnalités publiques (l’ancien hockeyeur Guy Lafleur a d’ailleurs été recruté pour en faire la promotion). Le Club de Poker Playground détient une licence d’exploitant délivrée par la Kahnawake Gaming Commission (KGC). Crée en 1996, cet organisme de réglementation des jeux de Kahnawake accorde des licences et réglemente les salles de poker, les tirages au sort, les appareils de jeu électroniques (depuis mars 2018) ainsi que les « casinos en ligne » hébergés dans la réserve.

La KGC a publié en mars 2018 un « Règlement sur les appareils électroniques de jeu», qui contient les dispositions sur la gestion des appareils et la prévention des problèmes de jeu. Ces dernières présentent des similarités avec les dispositions de la Loi sur la Société des loteries du Québec concernant les appareils de loterie vidéo. Les opérateurs doivent entre autres, respecter :

  • Les interdictions concernant la localisation des appareils (exclusion des zones de préparation des boissons, comptoirs de service, salles de bain, vestiaires, et locaux réservés aux employés de l'établissement).
  • L’obligation d’afficher sur les appareils des mises en garde sur les risques et les dangers du jeu, les probabilités de gain, et le numéro de téléphone d’une ressource d’aide en cas de jeu problématique.
  • L’obligation de mettre en place des mesures de lutte contre le blanchiment d’argent et des politiques de lutte contre le financement du terrorisme.
  • Plusieurs mesures visant la protection des mineurs comme l’interdiction de jeu et de remise de gain, et la présentation de la carte de l’établissement munie d’une photo pour jouer aux AEJ ou au poker (remise aux personnes majeures).
  • L’interdiction d’accorder du  crédit pour jouer.
  • L’obligation de formation des employés pour identifier tout joueur dont les facultés seraient affaiblies par l'alcool ou la drogue.
  • La commission a mis en place un mécanisme de dépôt de plaintes pour les joueurs ainsi qu’un mécanisme d’auto-exclusion.

Alors que la crainte de préjudices sur la communauté autochtone a mené à trois reprises au rejet de tels projets de casino, d’autres intérêts semblent avoir été jugés prioritaires. Le grand chef Joe Norton a rapporté en entrevue que les opérateurs s’étaient engagés à verser un million de dollars par année pendant trois ans au Conseil de bande et à favoriser les embauches locales. 

Quoi qu’il en soit, avec ce nouvel établissement, l’offre de jeu dans la région de Montréal et de la Montérégie augmente considérablement. Cette situation souligne la nécessité d’obtenir des données sur l’efficacité des mesures de prévention mises en place et sur les impacts d’une telle augmentation de l’offre de jeu sur la population locale et régionale.

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Type : 

Article ou revue de presse

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