Les problèmes de dépenses des joueurs : le rôle des institutions et des conseillers financiers

Jouer plus que l’on ne peut se le permettre occasionne souvent une diminution de l’épargne, des retards de paiement sur les factures courantes, des emprunts pour continuer à jouer ou pour payer des dettes, et d’autres problèmes financiers.

Deux études récentes explorent le rôle que jouent et pourraient jouer les institutions bancaires et les conseillers financiers dans la protection des joueurs (JHA) et la détection du jeu préjudiciable.

Selon une étude australienne[1], bien que la majorité des tenanciers d’établissements de jeu ne soit pas autorisée à octroyer de crédit aux joueurs, la plupart des banques autorisent des crédits et des transferts de fonds pour des transactions liées aux jeux de hasard et d’argent en ligne ou hors-ligne. Or, dans le cadre de leur responsabilité sociale d’entreprise (RSE), les institutions financières auraient, selon l’auteur, intérêt à mettre en œuvre des stratégies efficaces de réduction des préjudices.

Les institutions financières pourraient suivre l'exemple de certains opérateurs de jeu en développant des algorithmes avec des indicateurs comportementaux spécifiques  permettant de détecter les transactions de jeu potentiellement risquées : transactions répétées et en augmentation avec des opérateurs de jeux de hasard, obtention de crédits à de nombreuses reprises, défaut de remboursements appropriés ou remboursements minimaux répétés, défaut de paiement des factures, etc.

Le dépistage basé sur le comportement économique du client est une avenue de prévention développée aussi dans une étude américaine[2]. Comme l’un des marqueurs prépondérants du jeu préjudiciable est le fait d’y consacrer trop d’argent, la détresse financière mène les joueurs à consulter des conseillers en crédit pour obtenir des conseils relatifs aux prêts, aux consolidations de dettes, aux hypothèques, pour établir la planification de paiements ou dans le pire des cas envisager la faillite, etc.[3] C’est pourquoi les conseillers financiers d’organismes communautaires ou d’institutions bancaires peuvent être les plus à même de détecter rapidement les abus de jeu et les comportements économiques atypiques qu’ils génèrent, voire de faciliter l’accès des joueurs en détresse aux centres de réadaptation.

Toutefois, pour opérationnaliser ces propositions, d’autres recherches consacrées à l'élaboration d’indicateurs de dépistage de comportements financiers risqués révélant des problèmes jeu doivent être déployées. Par ailleurs, les modalités d’interventions devront être analysées dans une perspective éthique afin de respecter l’intégrité des personnes.

 

À lire:

  1. Swanton, T. B., Gainsbury, S. M., & Blaszczynski, A. (2019). The role of financial institutions in gambling. International Gambling Studies, 1-22.
  2. Sacco, P., Frey, J. J., Callahan, C., Hochheimer, M., Imboden, R., & Hyde, D. (2019). Feasibility of Brief Screening for At-Risk Gambling in Consumer Credit Counseling. Journal of gambling studies, 1-17.
  3. Jeu problématique : Guide à l’intention des conseillers financiers, préparé par le Centre de toxicomanie et de santé mentale, Toronto (Ontario) https://learn.problemgambling.ca/PDF%20library/handbook-guide-for-counsellors-french.pdf

 

 

[1] Swanton, T. B., Gainsbury, S. M., & Blaszczynski, A. (2019). The role of financial institutions in gambling. International Gambling Studies, 1-22.

[2] Sacco, P., Frey, J. J., Callahan, C., Hochheimer, M., Imboden, R., & Hyde, D. (2019). Feasibility of Brief Screening for At-Risk Gambling in Consumer Credit Counseling. Journal of gambling studies, 1-17.

[3] Les organismes de conseil en crédit sont généralement des organisations à but non lucratif qui fournissent une éducation et des conseils pratiques aux personnes endettées.

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Type : 

Article scientifique

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