Jeu et surendettement : vers un devoir de protection et de dépistage dans le contexte des services financiers?

L’une des premières répercussions des habitudes de jeu pour les joueurs problématiques et leurs proches est le fait d’éprouver des troubles financiers grandissants. Le spectre de ces troubles peut être progressif et diversifié : emprunts à des proches, incapacité de s'acquitter de ses obligations financières, négligence de paiement de factures ou de prêts, larcins ou vols, déménagement pour éviter de payer le loyer, faillite, etc. Dans le continuum de ces problèmes financiers, il n’est pas rare que le joueur cumule les cartes de crédit ou demande fréquemment des arrangements financiers à son institution bancaire.

Dans un article sur la réduction des risques et les dommages dans le domaine des jeux de hasard et d’argent, Amandine Luquiens développe l’idée que « la responsabilité collective et sociétale […] ne peut pas être considérée comme assumée alors que de nombreuses occasions de rencontrer et de proposer de l’aide aux joueurs problématiques ou pathologiques sont ratées » (Luquiens, 2017). Elle souligne notamment à quel point l’absence de collaboration et d’implication des établissements financiers, sous prétexte du respect de la vie privée, est une lacune. Ces conseillers sont témoins privilégiés des « dégringolades financières », repèrent facilement les transactions avec les opérateurs de jeu, mais proposeraient néanmoins trop facilement des prêts, crédits, élargissements d’autorisation de découvert à des joueurs, les mettant ainsi  particulièrement en danger.

Le Dr Luquiens estime que « la question de la non assistance à personne en danger et de la mise en danger d’une personne en situation de vulnérabilité, notamment devant la prévalence élevée de suicides chez les joueurs pathologiques en difficulté financière, devrait être soulevée ».

Concrètement, les conseillers financiers des différents établissements bancaires au Québec pourraient être approchés comme partenaires de prévention des problèmes de jeu, alors qu’un outil adapté de dépistage pourrait leur être fourni. Un tel outil existe déjà en Ontario : https://www.problemgambling.ca/FR/Documents/2989PG_Fin_FR.pdf

Luquiens, A. (2017). La réduction des risques et des dommages est-elle efficace et quelles sont ses limites en matière d’addiction sans produit? Alcoologie et Addictologie, 39(1), 68-77.

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Type : 

Article scientifique

Mots clés: 

Commentaires

Une bonne réflexion en effet

Portrait de Jean-François Biron

Merci pour cet article,

Il s'agit d'une piste intéressante.

Au plaisir,

Jean-François Biron

DSP- Montréal